Volley-ball - Alsace
Volley-ball / Magali Magail analyse le recrutement de Mulhouse
De la force et de la gueule
L'ASPTT Mulhouse vient de boucler son recrutement. Trois filles s'en vont, trois autres arrivent. L'entraîneur maison, Magali Magail explique pourquoi et comment elle a recruté Anna Rybaczewski, Regan Hood et Dominika Sieradzan.
- Avez-vous pu recruter les joueuses que vous vouliez ?
- Par rapport au budget oui. On rêve toujours d'avoir plus. Le point positif, déjà, c'est Anna (Rybaczewski). Si j'avais eu plus de moyens ? J'aurais pris une très très grande joueuse à la pointe. Cela coûte vraiment beaucoup d'argent, entre 200 et 500 000 euros. Une telle fille, on ne l'envisage qu'en rêve. Je suis quand même contente du recrutement.
«Anna, cela fait longtemps
que je la harcèle»
- Votre grande fierté... c'est la signature d'Anna Rybaczewski... ?
- Déjà, c'est d'avoir conservé toutes les autres. Après, Anna cela fait longtemps que je la harcèle, en fait depuis deux ans. C'est une joueuse emblématique, elle n'est pas pour rien capitaine de l'équipe de France. Sur le terrain elle est guerrière, peu importe l'adversaire. Qu'il soit plus fort ou pas, elle essaye tout le temps. Elle est très expressive. En sélection elle fait un gros travail dans l'ombre.
Derrière, dans son fond de jeu, en défense et dans les relances elle ne gaspille rien. Son sens du jeu est très développé. A l'attaque elle est puissante. Elle va nous apporter l'exigence dans les détails. Avant il n'y avait personne pour faire la différence à ce niveau. Anna maîtrise tous les gestes techniques. Elle va nous montrer la voie. A Cannes elle était dans l'ombre, elle a très envie de jouer.
- A la sortie de la période recrutement avez-vous un regret ?
- Non... on en a toujours. On vit des aventures ensemble alors, quand quelqu'un part c'est toujours un déchirement pour moi et les autres filles. Il y a eu des pleurs, c'est fort émotionnellement. Après c'est le sport, c'est comme ça même s'il est dur de se séparer (*). Il reste les souvenirs. Sinon, par rapport aux joueuses qui arrivent, non je n'ai pas de regret.
- Qu'avez-vous recherché dans votre recrutement ?
- Une vraie leader, je l'ai trouvée avec Anna. De la hauteur physique pure, là je l'aie avec Anna et l'Américaine (Regan Hood, 1,88m). Aujourd'hui nous sommes fortes au contre, on peut l'être plus encore. Dans le jeu actuel, les filles frappent de plus en plus fort. Une centrale à 1,88m c'est un minimum, on n'en trouve plus en dessous. Une joueuse de champ à moins d'1,80 m c'est dur aussi.
La taille ne fait pas tout, à mon avis c'est un minimum. Je ne me l'explique pas, mais les équipes possèdent des joueuses de plus en plus grandes. Avec la musculation, la préparation physique, le jeu devient plus puissant. Cela n'a rien à voir avec ce qu'on avait l'habitude de voir il y a encore quinze ans. Au niveau physique, on l'a vu en Coupe d'Europe, on est encore très loin.
- Que recherchez-vous d'autre ?
- La puissance à l'attaque, d'où l'Américaine. La Polonaise - Dominika Sieradzan -, elle, est dans un autre registre, dans les combinaisons d'attaque et le jeu rapide. Elle ne va pas louper un ballon en situation difficile.
- Et l'état d'esprit de la joueuse... vous en tenez compte ?
- Chez une joueuse, c'est presque du 50-50. C'est capital. Anna on connaît. Pour l'Américaine, comme elle jouait en France je me suis renseigné auprès de joueuses qui ont évolué avec elle, de l'entraîneur. La Polonaise, c'est Teresa - Worek, l'adjointe - qui s'en est occupée, on a parlé avec l'entraîneur national. De Pologne les filles s'en vont rarement, si elle vient, c'est qu'elle en veut.
Elle est là pour un défi. Je veux des joueuses ambitieuses, qui ont envie de progresser et de se faire mal. Au moment de recruter, je regarde toujours quelle est la marge de chacune. Après, si le caractère est difficile, cela ne me dérange pas. Chacune a son histoire, dans un autre contexte tout peut changer.
On peut ne pas s'aimer, mon travail est que chacune trouve sa place, ait son rôle dans l'équipe. Si tout le monde a le même projet, la même ambition, les mêmes rêves, il n'y a plus de problème.
Serge Bastide
L'ASPTT Mulhouse reprend l'entraînement le samedi 15 août. Dès le lendemain, l'équipe part en stage pour Morzine, pendant une semaine.(*) Cette saison, il y a trois départs : Anna Barnak, Martina Georgieva et Sanja Hanusic.
En bref
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A l'ASPTT Mulhouse
La réunion annuelle de l'ASPTT Mulhouse volley aura lieu le vendredi 19 juin, au siège, au Waldeck, à 19h.